Deux freelances autour du monde: Globefreelancers



Publié le 2020-10-11 16:03:43
Ben & Ania, les Globefreelancers

Nous sommes Ben et Ania, deux éternels amoureux de la nature, du voyage et de l'aventure. Nous nous sommes rencontrés en janvier 2018 pendant notre PVT en Australie. Nous sommes actuellement dans le sud de la France, aux pieds des Pyrénées après avoir parcouru l'Océanie et l'Asie du Sud-Est pendant 3 ans.

Nous sommes des nomades digitaux, c'est-à-dire que nous exerçons des professions en freelance depuis n'importe où dans le monde avec nos ordinateurs. Ania est diplômée d'architecture et exerce en tant que dessinatrice en architecture, et je suis créateur de contenu et rédacteur SEO. En 2019, après avoir lancé nos activités respectives, nous avons donné naissance à Globefreelancers, notre blog de voyage et également le portail décrivant nos prestations.

Pourquoi êtes-vous partis à l'étranger ?
Même si nous ne nous connaissions pas avant de partir à l'étranger, nous avons tous les deux sentis le besoin d'évasion et de découverte qui anime beaucoup de gens un peu perdus. À une période de nos vies transitoire (sortie d'étude sans vraiment trop de perspectives) nous avons profité de notre jeune âge et des facilités qui incombent à être né en Europe pour aller découvrir cette magnifique planète.

Comment avez-vous été touché par la crise du Covid-19 ?
Nous étions au Laos quand la crise du Covid-19 s'est vraiment intensifiée. Lorsque le confinement a été mis en place en France, les choses ont pris une tournure vraiment étrange là-bas. Nous étions parfois fuis par les locaux qui craignaient que nous apportions le virus. En réalité, cela faisait 3 ans que nous n'avions pas mis les pieds en France, avant cela, nous avions passé un mois au Cambodge et 2 semaines au Vietnam. Cette peur était pourtant légitime, en revanche, quand on voyait les témoignages de ce qu'il se passait en Inde et dans d'autres pays où il était impossible de trouver où dormir pour les occidentaux, nous avons eu peur.

Le 19 mars 2020, nous avons pris la décision de partir. À l'origine, notre projet consistait à un retour en France par les terres, sans prendre l'avion. Mais avec l'incertitude de cette situation et les conditions sanitaires des hôpitaux au Laos, nous avons préféré ne pas prendre de risque. Cela a été un véritable déchirement, nous avions vraiment l'impression de vivre dans un havre de paix dans ce pays. Mais il était impossible de savoir comment la pandémie allait évoluer et l'instinct de survie a pris le dessus.

Le 21 mars à midi, nous décollions de Bankgok après 14h de bus depuis Pakse. Un dernier trajet interminable sur les petites routes d'Asie du Sud-Est que nous ne sommes pas près d'oublier.

Souvenir du Cambodge, coucher de soleil exceptionnel et vol de chauves-souris

Quelles ont été les consignes mises en place dans le pays où vous êtiez et comment cela s'est-il passé ?
Nous avons réussi à quitter le Laos la veille de la fermeture des frontières. Il y a ensuite eu un confinement semblable à celui de la France. Certains de nos amis ont décidé de rester et tout s'est très bien passé pendant leur confinement. Les habitants des pays asiatiques sont très disciplinés et prennent les pandémies bien plus au sérieux que nous autres occidentaux.

Comment gagnez-vous votre vie ? Avez-vous été mis au chômage suite à la crise sanitaire ?
Comme énoncé plus tôt, nous sommes tous les deux freelances. Nous opérons depuis notre logement, qu'il soit un van aménagé (en Nouvelle-Zélande), des chambres chez l'habitant en Asie ou bien notre petite maison dans les Pyrénées à l'heure actuelle. Nous n'avons donc pas eu droit au chômage partiel mais la baisse de chiffre d'affaires que nous avons subi au mois de mars pour ma part et durant tout le confinement pour Ania, nous a rendu éligibles à l'aide de l'État pour les micro-entreprises. C'était très appréciable.

Depuis, l'activité reprend et les clients reviennent, ce qui est plutôt une bonne chose.

Notre maison pour faire le tour de l'Australie

Quelle est votre opinion personnelle sur la façon dont la pandémie est actuellement gérée ?
Étant donné que nous sommes actuellement en France et que nous y avons passé le confinement, nous ne pouvons pas comparer avec un autre pays. Nous n'avons pas vraiment d'opinion sur la gestion, nous ne sommes ni épidémiologistes ni experts en gestion de crise. C'est un phénomène qui nous dépasse totalement et nous n'avons pas la prétention de mieux savoir que les gens qui ont géré la crise.

Pour nous, le respect du confinement était vraiment quelque chose d'important afin de limiter les contaminations et en finir au plus vite. Par notre télétravail en continu, nous n'avons eu aucun mal à respecter les gestes barrières et limiter nos risques de contamination par la suite.

Les soirées au grand air, notre échappatoire absolue

Comment gérez-vous la relation avec votre famille dans votre pays d'origine ?
Quand nous étions en voyage, il était important de garder contact avec la famille. Nos deux familles nous ont rejoint en décembre 2019 en Nouvelle-Zélande. Elles ont fait connaissance et se sont très bien entendues. C'était très chouette de partager 3 semaines avec nos parents après tout ce temps à l'étranger sans les voir. Nous avons une conversation WhatsApp commune avec nos parents et une chacun avec nos familles respectives pour les petites nouvelles du quotidien.

Nous avons tous les deux gardé contacts avec quelques amis en France. La vie sur la route est assez complexe pour conserver les relations avec les gens sédentaires. Nous sommes en mouvement perpétuel. Même les gens que nous rencontrons en voyage avec qui nous lions de forts liens d'amitié, nous ne sommes même pas sur de les revoir un jour.

Les joies de la vanlife en Nouvelle-Zélande

Hors crise sanitaire, quelle est la chose que vous préférez en tant qu'expat?
On adore explorer les cultures locales. Découvrir les coutumes, les spécialités, les modes de vie différents des nôtres nous enrichie énormément. Mais nous sommes tout de même fier de nos racines et nous adorons partager et faire découvrir ce que l'on peut de la France à nos nouvelles rencontres. Cela passe le plus souvent par la cuisine, les photos, ou la musique. Ferrus d'aventure, nous aimons particulièrement nous enfoncer dans la nature sauvage pour plusieurs jours en autonomie. Cette sensation de quitter la civilisation pour un isolement loin de tout est un réel moyen de découvrir l'environnement des pays que nous traversons.

Et quelle est la pire des choses pour un expat?
Beaucoup tendraient à répondre l'isolement ou l'éloignement mais ce n'est pas notre cas. Ne pas être en contact avec d'autres Français ne nous pose aucun problème. Nous avons vécu et travaillé dans un ranch pendant 6 mois en Australie sans croiser de Français et cela n'a absolument pas été un problème pour nous, au contraire, nous étions totalement immergés dans la culture australienne.

La pire chose en tant qu'expat ou en voyage au long cours, c'est peut-être le fait de ne jamais vraiment se sentir chez soi. De notre côté, nous avons un peu de mal à rester au même endroit trop longtemps. On pourrait dire que nous sommes victimes du syndrome du sac à dos. Il est toujours prêt à partir et nous le savons. C'est un sentiment assez difficile à décrire, mais après quelques jours ou grand maximum semaines au même endroit, nous avons besoin de nous déplacer, aller voir une autre ville ou changer totalement de région.

Isolement en pleine nature en Nouvelle-Zélande

Qu'est ce qui vous manque le plus ?
Clairement, ce qui nous a le plus manqué c'est le fromage et la charcuterie !! J'imagine que c'est une réponse récurrente. Mais y'a pas photo, les fromages d'Océanie n'arriveront jamais à la cheville de nos délices français. La gastronomie asiatique nous a plu, mais l'une des premières choses que nous avons mangé en rentrant, c'est une bonne raclette !

Avant les mesures de distanciation, qu'avez vous fait pour rencontrer du monde et vous intégrer dans votre nouvelle vie ?
C'est un aspect qu'on ne maîtrise pas vraiment. Ni l'un ni l'autre ne sommes très extravertis. Nous avons plutôt du mal à aller vers les autres. Du coup, nos plus belles rencontres en voyage, c'était soit sur nos lieux de travail, soit via les réseaux sociaux.

Quelle est l'habitude que vous trouvez la plus étrange dans votre culture d'adoption ?
Nous avons vécu 2 ans en Australie et 1 an en Nouvelle-Zélande alors nous allons répondre pour ces deux pays que nous connaissons assez bien.

En Australie, c'est le racisme et le patriotisme. Ce pays est une colonie Britannique qui n'a que 200 ans. Avant, c'était la terre des aborigènes. En plus de 50 000 ans sur le pays, ils n'y ont pas fait un seul dégât. 200 ans de colonisation et voilà que la Grande Barrière de Corail est en train de mourir. Alors, on adore l'Australie et nous avons gardé d'excellents contacts avec nos amis Australiens. En revanche, nous avons été choqués par le populisme ambiant et la haine envers les premiers habitants du pays. Les membres de cette communauté ont été littéralement décimés, rejetés et exploités et on leur reproche un manque d'intégration. C'est un grand mystère pour nous.

Guides de balades à cheval dans un ranch pendant plus de 6 mois

En Nouvelle-Zélande, c'est le greenwashing. Ça a été une déception terrible. Ce pays a pour réputation d'être peuplé de gens proches de la nature et amoureux de leur terre. En réalité, la seule chose qui est verte, ce sont les prairies enrichies en engrais chimiques et farcies de pesticides. L'agriculture intensive y est légion, la plupart des rivières sont en train d'agoniser à cause des rejets et des troupeaux, trop nombreux. Le tourisme de masse, comme en Australie, cause des dégâts également non négligeables. Tours en hélicoptères à outrance, jetboats et autres activités au bilan carbone astronomique sont très populaires auprès des locaux comme des touristes. En conséquence, les légendaires glaciers des Alpes du Sud sont en train de fondre à vitesse grand V. Tout le monde prend en photo le panneau qui montre son positionnement il y a 50 ans, mais personne ne veut en voir les causes et prendre sa part de responsabilité. Je vous passe les détails sur les déversements de poisons par avion pour tuer les cerfs et les possums…

Qu'est-ce qui est un mythe sur votre pays d'adoption ?
J'ai bien peur que beaucoup de clichés sur l'Australie soient véridiques. Même le fait d'aller pieds nus au supermarché sans que personne ne vous regarde de travers.

En Nouvelle-Zélande, la dimension écologique du pays est vrai un mythe.

Ce qu'il reste du Glacier Franz-Joseph

Quel avis donneriez-vous aux autres expatriés ?
Je pense qu'il est toujours bon de se faire son propre avis. On nous a toujours vendu la Nouvelle-Zélande comme un pays exceptionnel pour sa nature et le respect des gens vis-à-vis de cette dernière. Après 6 mois dans le pays, je me demandais si ce n'était pas une blague. Avec un passé universitaire dans l'environnement et l'écologie, je disposais probablement de davantage de billes que la majorité des voyageurs pour me rendre compte de tout cela. Mais tout de même… Du coup, je recommande aux autres expatriés ou futurs PVTistes de partir sans a priori et d'aller voir ce qu'il se passe par vous-même afin de ressentir les choses.

Quand et pourquoi avez-vous débuté votre blog ?
Notre blog est né en mai 2019, il y a seulement un an et demi. C'est depuis le canapé convertible de notre van aménagé, sur l'île du Sud de Nouvelle-Zélande que nous avons rédigé les premières pages. Le but était de partager nos voyages, nos photos et surtout, notre ressenti sans filtre sur toutes nos destinations. Nos états d'âmes pour la Nouvelle-Zélande, nous les avons donc déjà exprimés au travers d'un très long article qui explique notre ressenti sur le pays. Il a d'ailleurs suscité beaucoup de réactions et commentaires tous plus enrichissants les uns que les autres. C'est ce qui nous plait vraiment, l'échange et les retours d'expériences des autres voyageurs, la confrontation des points de vue et des visions.

Notre blog c'est aussi la vitrine de nos activités. Pour moi qui suis créateur de contenu, c'est le support parfait pour démonter mes capacités et donner un aperçu de ma plume quand elle n'est pas sujette à une ligne éditoriale définie. Pour Ania, c'est aussi un endroit où elle expose son portfolio et parle de son quotidien de freelance dans l'architecture. Elle est l'une des seules à faire un retour d'expérience à ce sujet et beaucoup de jeunes ou futurs architectes prennent contact avec nous parce qu'ils trouvent le concept d'archi nomade très intéressant.

Quels bénéfices avez-vous trouvé au travers de votre blog ?
Les bénéfices pourraient être classés dans plusieurs sections. Il y a l'enrichissement personnel. Notre blog, c'est notre journal de bord. On adore se replonger dans nos anciens articles et revivre nos aventures, revoir les photos. C'est aussi une source de missions potentielles puisqu'il nous permet d'attirer des clients. C'est comme je le disais dans le paragraphe précédent la vitrine de nos travaux. On peut vraiment dire que notre blog est un support multitâche qui nous correspond. Ce n'est pas vraiment bien rangé, y'a de tout partout et c'est en mouvement perpétuel, mais en cherchant bien, on trouve toujours ce qu'on y cherche.

Cet été, nous avons arpenté beaucoup de sentiers de randonnées dans les Pyrénées. Nous avons donc créé une rubrique à ce sujet et nous y dévoilons toutes nos randos, avec cartes itinéraires et tous les détails. Nous avons à cœur de partager notre amour de la montagne mais espérons surtout transmettre des valeurs de respect de la nature aux nombreux nouveaux utilisateurs de ce formidable environnement.

Depuis le sommet du pic de Néouvielle dans les Pyrénées à 3091m d'altitude

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Rubrique:
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Auteur: Cyrilexpat
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